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Souvenirs de l'éternel présent Agrandir l'image

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Variation sur le film TAXANDRIA de Raoul Servais.

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Fiche technique

AuteurFrançois Schuiten et Benoît Peeters
ÉditeurArboris
Année1993
Pages76
EAN90-344-1011-0
Hauteur20,5 cm
Largeur30,5 cm
CommentaireAlbum format à l'italienne avec couverture toilée, dans une jaquette de style coffret.

En savoir plus

Aimé, un enfant d’une dizaine d’années au crâne rasé, vit à Taxandria, une ville en ruines, emplie de colonnes corinthiennes et de grands palais déserts. Suite à un mystérieux cataclysme, les lois de “l’éternel présent” ont été promulguées à Taxandria : toute allusion au passé et au futur y a été interdite, toutes les machines ont été bannies. Aimé découvre un livre d’images qui relate ces terribles événements. Il est bouleversé par cette lecture et plus rien ne peut désormais l’arrêter. Parviendra-t-il à échapper à l’emprise sinistre du monde de l’éternel présent ? Un récit poignant où tous les thèmes chers à Schuiten et Peeters prennent une nouvelle dimension : critique de l’ordre établi, décadence de la société industrielle et jusqu’au cours du temps lui-même, complètement nié à Taxandria.

Article sur le sujet :

A Taxandria, Aimé commence une nouvelle journée. C’est un enfant au crâne rasé. Taxandria est une ville en ruine. Il est le dernier enfant et on dit qu’il n’en a plus pour longtemps.
Il découvre, au fil de cette journée, comment le cataclysme est arrivé…
Tout est né de la folie mégalomane d’Irina, la femme du Président d’Irina qui ordonna aux savants de Taxandria de trouver le moyen de reproduire les hauts dignitaires de la Cité pour qu’ils puissent aller conquérir le reste de l’univers…

Dans cet entretien enregistré dans les nouveaux bureaux de Casterman, François Schuiten s’interroge sur le destin du livre, de l’objet livre auquel d’une certaine manière cet album rend hommage. Il évoque aussi le travail effectué avec Raoul Servais, les centaines de dessins qu’il a réalisés au moment de sa collaboration avec le cinéaste gantois, puis le rapport entre l’artiste et le support qu’il se choisit. A l’entendre parler du grain du papier, du bruissement de la mine sur la feuille, on se rend compte de l’essentiel que représente la matérialité du travail de l’artiste.

Peut-être cette « variation » sur un film jamais vraiment achevé, est-elle l’aboutissement véritable du projet initié par Raoul Servais : le livre, travaillé par ces deux artisans que sont Peeters et Schuiten, donne enfin le « final cut » à Taxandria.

Cet album représente l’aboutissement de toute beauté du projet que Raoul Servais avait initié il y a trente ans : un long métrage d’animation racontant le destin tragique de la ville de Taxandria. Ce film a été terminé, il n’a jamais été vraiment achevé. François Schuiten y avait été associé en 1987. C’est à partir du travail qu’il a accompli alors et avec la complicité de Benoît Peeters qu’il a décidé de mener à son terme l’histoire de Taxandria. Et cela donne un des plus beaux albums de la série des Cités Obscurs. Un des plus émouvants. Parce qu’il parle de la mémoire, de la transmission, de l’abolition du temps tels que les ressent un enfant qui refuse de se soumettre... C’est cela peut-être, pour Raoul Servais, Benoît Peeters et François Schuiten, la définition de l’artiste : un enfant qui refuse de se soumettre ?

Dans sa postface, Benoît Peeters parle d’un travail de deuil achevé. Il dit aussi cette formule « la mémoire d’un film fantôme »…quel paradoxe pour ce conte qui développe, parmi d’autres thèmes, l’abolition de la mémoire !! Cet album démontre à l’évidence que l’œuvre picturale ouvre l’accès à un vrai multimedia..celui que la technologie la plus sophistiquée n’avait pas réussi à produire… L’imaginaire.

Edmond Morrel

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